Tout ce qu’il faut savoir pour prendre un bon départ !

Nous y sommes presque ! Demain, à 13h30 sonnantes, retentira le coup d’envoi de l’Arkéa Ultim Challenge Brest ! Six concurrents réels et plus de 15000 bateaux virtuels prendront le départ de ce premier tour du monde à la voile en Ultim. A la veille du grand départ, Alexandre Kowalski, notre expert Virtual Regatta, vous prodigue ses derniers conseils pour être opérationnel le jour « J », et mieux appréhender le parcours et ses pièges !

Voici tout d’abord quelques clés qui vous seront utiles pour anticiper le départ et vous assurer d’être opérationnel au moment du coup de canon :

⛅ Faites un point météo 24h avant le départ. Cela vous permettra de vous faire une idée plus précise de la trajectoire que vous allez emprunter et du choix des voiles que vous utiliserez. Soyez également vigilant par rapport aux pièges potentiels qui se dressent sur la route (anticyclone, obstacles, zones sans vent…). En parallèle, il est toujours intéressant de suivre l’actualité de la course “réelle”, pour savoir ce qui attend les marins côté météo, car vous traverserez les mêmes conditions dans le jeu. Les concurrents s’attendent-ils à un départ tonique avec du vent ? Ou au contraire à des conditions plus calmes ? 

🗺️ Anticipez votre trajectoire. Je conseille de préparer le cap de votre bateau quelques heures avant le départ (2-3 heures avant idéalement). Au moment du top départ, il y a beaucoup de joueurs connectés et il est possible que le jeu “rame” un peu. Prévoir son cap à l’avance permet ainsi d’éviter une possible frustration.

⏰ Menez votre course à votre rythme. Ce tour du monde à la voile va nous occuper pendant quelques semaines ! Il est donc important de trouver votre rythme pour gérer votre course sur la durée. 

L’idéal, si on n’a pas beaucoup de temps, est de faire un petit point le matin et un autre le soir. Un check rapide le midi est toujours un plus si on en a l’occasion. Si on a 10 minutes devant soi, on n’a pas forcément le temps de faire un routage, mais on peut au moins regarder comment évolue la flotte et voir ce qui nous attend côté météo. Si l’on dispose de 30 minutes, on peut lancer un routage, étudier sa position plus en détails et voir s’il faut changer de voiles. Pour la nuit, on fait des programmations. Le cas extrême est de se réveiller à chaque mise à jour du vent (6h30, 12h30, 18h30 et 00h30) ! Il est certain que lorsqu’on vise le top du classement, ce jeu nous prend vite beaucoup de temps. C’est pour cela que les “top joueurs” sont souvent des joueurs à la retraite. Il n’y a pas de secret !

👀 Une fois la course lancée, observez les premiers. Vous pourrez ainsi analyser leur trajectoire et leurs choix tactiques. Personnellement, j’aime bien prendre un peu de risques, je ne suis pas vraiment fan de la course de petits chevaux ! Idéalement, je me fais donc d’abord ma propre idée de là où je voudrais aller avant de lancer un routage ou d’observer les premiers, juste pour voir quelles seraient les autres options stratégiques possibles.

😮‍💨 Relativisez. Ce n’est pas dramatique si vous prenez un mauvais départ. Le parcours est long et les choix tactiques qui suivront auront toute leur importance. De manière générale, tout le monde va se suivre sur la première partie de course. C’est lorsqu’on arrivera au milieu de l’Océan Atlantique que la palette des options stratégiques s’étoffera. Quant au classement, il faut toujours rester prudent par rapport à sa position au sein de la flotte. Bien souvent, quand on fait un choix tactique, on va prendre un peu de retard à un moment pour gagner du temps ensuite. A la place du classement, regardez plutôt la position des autres bateaux sur la carte. Cela vous apportera des informations bien plus utiles !

Et si l’on jetait un œil au parcours qui nous attend… ?

Tout au long des 21600 milles nautiques qui composent le parcours, vous aurez quelques pièges à éviter. 

Le premier d’entre eux est le Pot-au-Noir, la zone de convergences intertropicales, qui s’étend depuis le sud du Cap Vert jusqu’au Brésil. C’est une zone très piégeuse, où l’on peut se retrouver sans vent pendant de longs jours durant. Pour ne pas rester enlisé, il faudra éviter de trop longer l’Afrique lors de la descente de l’Océan Atlantique. Le sud du Cap Vert, à proximité des côtes africaines, est une zone où il n’y a vraiment pas de vent avec beaucoup d’orages. Il vaut mieux passer à l’Ouest, le long du Brésil. 

Méfiez-vous également de l’anticyclone de Sainte-Hélène en Atlantique Sud. Dans cette zone, le vent tourne toujours dans le même sens (anti-horaire). Si on veut couper cette zone trop tôt, on va se retrouver face au vent et on ira donc moins vite. Préférez plutôt contourner l’anticyclone pour avoir le vent derrière vous, et naviguer au portant.

Ensuite normalement c’est l’autoroute du sud, avec beaucoup de vent et une navigation au portant dans l’Océan Indien et le Pacifique Sud ! Cette partie du parcours peut paraître assez longue mais elle passe vite en réalité. Vous passerez par les trois caps notoires de la course : Bonne Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et Horn (Amérique du Sud).

Petite remarque pour les joueurs avides de performance : lorsque l’on fait le tour du monde, le but est d’effectuer la plus courte distance possible pour faire le tour de la Terre au plus proche du Pôle, comme le font les avions (route orthodromique). Le but sera donc de naviguer le plus au Sud possible, tout en respectant le parcours et les zones d’exclusion.

Pour la remontée, il devrait normalement y avoir un peu moins de pièges car l’anticyclone de Sainte-Hélène nous embêtera moins en arrivant de l’ouest et en longeant le Brésil. Vous aurez néanmoins à négocier le passage de l’anticyclone des Açores, le “cousin” de Saint-Hélène, où les vents tournent toujours dans le même sens (horaire). Il vous faudra sûrement faire un petit détour par le nord pour attraper les vents de portant qui vous pousseront vers l’arrivée !

Attention aux îles sur le parcours : les Canaries, le Cap Vert, les îles Kerguelen… Pensez à bien zoomer sur la carte pour les repérer. Normalement, le jeu vous affichera un petit point d’exclamation si jamais vous foncez droit sur une île ! Prudence néanmoins car ce n’est pas toujours le cas pour les tout petits cailloux…